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En tant que collectionneur de cartes
postales anciennes (CPA), il eut été impardonnable de
ne pas consacrer une page de ce site aux cartes postales modernes (CPM),
collectionnées par certains, décriées par d'autres,
elles engendrent la polémique, elles font la joie des collectionneurs
et elles continuent à exister dans notre monde hypermédiatisé,
n'est ce pas là le plus important?
Elles sont passées en moins d'un siècle d'un statut privilégiée
de messagère à celui d' accessoire de souvenir dans les
tourniquets pour touristes diront d'autres.
Nous allons essayer de donner un
aperçu de la CPM en évoquant tout d'abord un épineux
problème d'actualité: celui du droit à l'image
et ensuite nous découvrirons quelques séries de CPM ("les
petits métiers" et "les pigeonniers"
de Midi Pyrénées édités par la société
APA-Poux),cartes qui suscitent
aujourd'hui un intérêt certain du côté des
collectionneurs.
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Quid de la CPM en
l'an 2000 ?
Malgré le pessimisme
des collectionneurs et les critiques acerbes (parfois justifiées)
sur la qualité des " sujets" traités en CPM,
c'est "300
millions de personnes qui à travers le monde reçoivent
chaque année une image qui fait rêver de la France.
Depuis plus d'un siècle ces cartes sont la mémoire de
la vie rurale, des petits métiers, des costumes, de nos traditions,
de nos paysages, de notre architecture.
La
carte postale c'est la mémoire du patrimoine Français"
, dixit
l'Union des Professionnels de la Carte Postale, en espérant pouvoir
continuer à le revendiquer. Ce qui n'est pas sûr, lorqu'on
découvre les difficultés actuelles dans lesquelles sont
emmêlés les professionnels de l'image et parmi eux les
éditeurs de cartes postales.
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Tout
ceci depuis un arrêté de la Cour de Cassation du 10 mars
1999 attestant que: "L'exploitation du bien sous la forme
de photographie porte atteinte au droit de jouissance du propriétaire".
Depuis de nombreuses
voix s'élèvent contre cette affirmation qui va à
l'encontre de 150 ans de jurisprudence et heurte le bon sens.
La revue CPC (Cartes Postales et
Collections) du mois de mai 2000, revue incontournable
dans le monde de la cartophilie, évoquait dans son éditorial
du N° 191, le problème en ces termes: "La
carte postale a perdu, c'est une évidence, son rôle de
messagère. le téléphone, le fax, la radio, le cinéma,
la vidéo, la télé, le portable, et maintenant internet
l'entraînent à se ranger dans le magasin des accessoires
obsolètes de la vie pratique. La lenteur d'escargot de son acheminement,
le prix de l'affranchissement, la mièvrerie des sujets proposés
en tourniquet réserve son usage postal à quelques clins
d'oeils de vacances lorsque le farniente et la dorure au soleil laisse
le temps s'écouler à son rythme.
Pourquoi donc, la carte postale retrouve-t-elle ces dernières
années un tel regain d'intérêt ?
C'est tout simplement, parce que dans cette époque vouée
au culte de la vitesse et du virtuel, la carte fige le temps et grave
en elle la mémoire de nos jours
Au moment où tout s'efface .... elle reste
Au moment où tout se jette .... elle se conserve !
Au moment où tout se dénigre .... elle se maintient !
La carte postale aurait encore de merveilleux jours devant elle, si
une menace insidieuse n'assombrissait son avenir. Cette menace vient
de la justice et de l'évolution d'une jurisprudence qui tend
à accorder aux propriétaires des choses un droit sur l'image
de leurs biens. Le droit à la vue n'est plus universel, il devient
privé, nos regards sont devenus des locataires à titre
gracieux, et bientôt des squatters! Il faudra bientôt payer
pour avoir le droit d'admirer un paysage. Quand à en faire une
photo, cela relèvera de la piraterie. C'est pourquoi tous les
amoureux de la cartophilie doivent se montrer solidaires des photographes
qui entament une lutte contre la prétention de ceux qui voudraient
monnayer leurs propriétés. Tout ce qui est visible du
domaine public doit rester libre de droit ... sinon il en sera fini
de la photo, de la carte postale ... et de notre mémoire !
Et puis, il faudra bien obtenir un jour pour la carte postale le statut
de médium d'information car ce qu'elle transmet est plus riche
d'enseignement que bien des pages des magazines people."
(Éditorial de
CPC intitulé:"Droit au fric ou droit à l'image").
De même l'hebdomadaire de télévision "Télérama"
du 23 août 2000 (N°2641) à consacré
un article de 6 pages sur ce sujet: "Attention, vues imprenables"
où il pose le problème, rappelle les différends
les plus importants: la petite maison bretonne coincée entre
2 rochers, la place des Terreaux à Lyon, la maison du débarquement
en Normandie et bien sûr les volcans d'Auvergne. A travers ces
difficultés le cartophile et le citoyen s'interrogent:
faut-il payer des droits pour photographier un volcan, un château,
un paysage quand ceux-ci appartiennent à un particulier?
(Véronique Brocard), faudra-t-il un jour payer pour regarder
un arbre? (Me Leclerc) ou bien comme le souligne Me Ducrey:
"Si cela continue, on ne pourra plus rien photographier
sauf le ciel et la mer" ....
Désespoir du cartophile, prenez votre collection de cartes postales
et ne gardez plus que celles qui représentent le ciel et la mer
... je n'ose l'imaginer.
Exit le petit métier au coin de la rue, exit les jours de marché
sur le foirail du village, exit toutes les gares et les trains ... nous
pourrions ainsi dans une longue litanie énumérer toutes
les richesses de nos albums.
Pour l'instant rien
de tragique mais la vigilance s'impose et toutes les précautions
doivent être prises pour l'édition de cartes postales de
clubs ou privés.
Enfin, voici un florilège
de litiges concernant les éditions de cartes postales (source:
Union des Professionnels de la Carte Postale) :
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Pour l'impartialité du sujet
il faut rapporter un mail reçu et publié par Télérama
dans le N° 2643 du 6 septembre 2000 (rubrique "Ça va
mieux en le disant") suite à la publication de l'article
sur le droit à l'image du N° précédent. Voila
ce que dit M. Pierre Le Peltier de Saint-Brieuc: "Dans
l'interwiev de Me Leclerc à propos de 'Photos interdites', vous
dites que l'intérêt commercial est au centre de toutes
les plaintes.A mon avis, c'est aller un peu vite.
Dans le cas de la petite maison de Plougrescant, que je connais bien,
il faut avoir
assisté à l'envahissement estival de cette modeste propriété.
Des familles entières
passaient au-dessus du petit mur d'enceintes pour regarder par les fenêtres.
Dans ce cas il y a une atteinte manisfeste à la vie privée".
Le débat est ouvert ...
Si le sujet vous intéresse
vous pouvez consulter l'intégralité du colloque organisé
par Télérama le 15 juin 1999 au Forum des Images sur le
thème du "Droit
à l'image - Droit à l'information".
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